CHOISIR SON ISOLANT


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La grande majorité des gens ne se pose même pas la question du choix de l’isolant. En effet, le plus souvent, dans le cadre d’une construction neuve, ou d’une rénovation, effectuée par un professionnel, le choix est fait par ce professionnel. Il choisira en fonction de ses connaissances techniques et en fonction des coûts économiques immédiats, sans se préoccuper de l’environnement, de la santé ou des coûts sur le long terme. Afin de remédier à cette situation, il faut que le choix de l’isolant ne soit plus traité comme un problème annexe, et que ce choix revienne au véritable intéressé: celui qui vivra dans l’habitat en question. Pour éclairer ce choix, il faut présenter quels sont les différents choix proposés à l’heure actuelle.


LES ISOLANTS TRADITIONNELS:

Ils sont de deux types, organiques et inorganiques.

- Les isolants organiques:
On entend par là les mousses de polyuréthane et le polystyrène. Ils sont fabriqués à base de pétrole, puis gazéifiés à l’aide de C.F.C., jusqu’à l’obtention d’une mousse rigide. Le processus est complexe et très gourmand en énergie. Parmi les effets nocifs, notons que les C.F.C. sont responsables en grande partie de la détérioration de la couche d’ozone. Les mousses dégagent du formol (irritant pour les yeux, la gorge et la peau). Les polystyrènes renferment du benzène, qui est une substance cancérigène. En cas d’incendie, les deux dégageront du styrène, du benzène et du phénol. De plus, ces deux produits ne sont pas recyclables.

- Les isolants inorganiques:
Il s’agit de la laine de verre et de la laine de roche. Les matières premières utilisées existent en nombre quasi-illimité dans la nature (sable et roche volcanique). En revanche, leur fabrication est également très gourmande en énergie et provoque des émissions polluantes importantes. Concernant l’aspect cancérigène de ces produits, même si les fibres sont plus grosses que celles de l’amiante, plusieurs études ont démontré que la laine de roche est la cause d’une augmentation des cancers de l’appareil respiratoire chez les travailleurs exposés. Il est donc nécessaire d’éviter de respirer ces fibres lors de la mise en œuvre de ces produits. Une mise en œuvre sans protections provoque également des irritations de la peau et des yeux. De plus, il faut recouvrir les surfaces traitées avec des panneaux hermétiques. Ces matériaux vont se dégrader dans le temps (environ 8 à 10 ans) et libèrent des fibres dans l’atmosphère. Pour finir, ces matériaux ne sont pas recyclables.

- Les isolants minces réfléchissants:
Nous commencerons par dire que ces matériaux n’ont reçu aucune certification. Leur production est très gourmande en énergie. Leur effet isolant est nul car ils sont constitués de matériaux conducteurs de chaleur et parfaitement étanches à l’air. La qualité d’un isolant est déterminée par la quantité d’air contenue dans sa structure. Un isolant étanche, comme les isolants minces réfléchissant, est donc une aberration. L’étanchéité de l’isolant pose également le problème de la régulation de l’hygrométrie d’un habitat, élément essentiel au sentiment de bien-être dans un habitat. Enfin, ces isolants ne sont pas non plus recyclables.


LES ISOLANTS ECOLOGIQUES:

Ces matériaux sont dits écologiques car en général leur fabrication nécessite peu d’énergie, les matières premières sont facilement renouvelables et ils peuvent être recyclés ou réutilisés. Parmi ce type d’isolant on trouve la perlite (ou vermiculite ou pierre ponce), la fibre de coco, le chanvre, le liège, la ouate de cellulose, la fibre de bois et le coton.

- La perlite:
Il s’agit de roches (volcanique pour la perlite et la pierre ponce, mica pour la vermiculite) souvent utilisées en vrac pour isoler les combles et les vides de construction. Par leur poids, ils apportent une inertie thermique, ce qui en fait de très bons isolants. On peut les mélanger à du béton pour réaliser des chapes isolantes ou des chapes allégées. L’extraction est peu coûteuse en énergie et il n’y a quasiment pas d’étape de transformation. Le transport de ces produits constitue leur impact le plus grand sur l’environnement. Ces matériaux, dans l’état actuel de nos connaissances, ne présente aucun risque pour la santé. Ces matériaux sont réutilisable en fin de vie du bâtiment.

- La fibre de coco:
Conditionnée en rouleaux, en panneaux ou en vrac, elle a un très bon coefficient thermique. La fibre peut être traitée au sel de bore pour limiter les risques d’incendie. Produite loin de France métropolitaine, là encore son impact le plus grand sera lié au transport. C’est un matériaux parfaitement recyclable à faible coût.

- Le chanvre:
Conditionné en rouleaux, en panneaux ou en vrac, c’est un matériaux écologique et sain. Il a un très bon coefficient thermique, phonique et laisse respirer la maison. Produit partout en Europe, son impact sur l’environnement est minime. L’isolant ne se dégrade pas au bout de 10 ans (si l’on respecte les conseils de pose) et est naturellement recyclé en fin de vie (biodégradable). Facilement inflammable, il peut être traité au sel de bore.On peut l’utiliser pour la construction (brique de chanvre, béton de chanvre). Dans certains cas, on ajoute du coton au chanvre. Dans cette version, le produit a reçu une certification du CSTB. La présence de coton améliore légèrement le coefficient thermique. En revanche, il n’existe pas de traçabilité sur l’origine du coton.

- Le liège:
Conditionné en panneaux ou en vrac, c’est un excellent isolant car sa structure est composée à 96% d’air. Il peut s’utiliser pour tous types d’isolation. Sa production est issue d’un processus renouvelable moins rapidement car issue du chêne-liège. Ce matériau reste cher. Nous pensons que ce matériau doit être réservé à des usages limités.

- La ouate de cellulose:
Conditionnée en ballots, elle est issue du recyclage de papier journal. Très utilisée au Canada, elle nécessite un certain savoir-faire pour l’isolation par soufflage et flocage, ainsi qu’un appareillage spécifique. En revanche, pour l’isolation des combles et des vides de construction, elle peut se faire manuellement sans trop de difficultés. La ouate de cellulose est traitée au sel de bore, ce qui limite les risques d’incendie et éloigne les xylophages, champignons et rongeurs, permettant ainsi de préserver les bois en contact.

- La fibre de bois:
Conditionnée en panneaux de différents formats, densité et épaisseurs, elle est constituée de fibre de bois agglomérée avec la propre lignine du bois, une colle non émissive, naturellement présente dans le bois. Excellent isolant thermique et phonique, elle peut être utilisée pour tous types d’isolation. En isolation par l’extérieur, elle peut être recouverte par un enduit respirant, ou par des bardeaux. Issue de forêts contrôlées, sa production nécessite peu d’énergie et a un faible impact sur l’environnement. Un fabricant a effectué le test suivant: il a équipé une maison il y a 50 ans avec cet isolant. 50 ans plus tard, après avoir ouvert les murs, il a constaté que l’isolant n’avait pas bougé. Cet isolant est parfaitement recyclable. Il faut noter également qu’il existe des panneaux de fibre de bois, traité au latex, ce qui le rend imperméable, mais respirant, pouvant être utilisé comme pare pluie, en remplacement des pare pluie bitumé ou à base de polyuréthane.

- Le coton:
Sa structure en fait un très bon isolant thermique. La culture du coton est très exigeante pour les sols et demande souvent l’emploi de pesticides à grande échelle. Les principaux pays producteurs (Amérique du Sud, Afrique et Asie) ne respectent pas les droits de l’homme et autorisent le travail des enfants. Le coton est vendu dans des marchés d’échanges internationaux de matières premières ce qui empêche toute traçabilité.

 

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